3503 - 27/09/18 - Franck SIMONNET - 606 km - homologué

le 27.09.18 20:34

Franck a écrit:Le Tour d'Île-de-France

Le récit de cette journée suivra d’ici peu....

L'homologation la plus grande de la CFDM à ce jour Shocked.
Et tu bondis à la deuxième place du classement en formule Coupe cheers.




Dernière édition par Admin le 29.09.18 9:25, édité 1 fois
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le 29.09.18 7:53

Le Tour d'Île-de-France
J'aime donner un nom à mes vols marquants. Souvenez-vous que celui de 192 km (vol 2009) réalisé en février se nommait "Échauffement".
Pour celui-ci, je pensais à "Le Grand Tour de Paris". Mais le parcours était tellement étendu que je n'ai pas vu Paris !
Il est donc plus juste que ce soit "Le Tour d'Île-de-France".
Venant de visionner la bande-annonce du film d'escalade "The Dawn Wall", elle m'inspire un autre nom : "The Dawn to Dusk Flight", "De l'aube au crépuscule" en version française.
Début de la journée aéronautique 7:07
Décollage 7:12
Atterrissage 20:03
Fin de la journée aéronautique 20:10
J'étais donc en l'air avant le lever du soleil, ainsi qu'après son coucher...
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Franck


le 29.09.18 8:08

Instruments de vol
La redondance était de mise.
J'avais constamment le Syride Sys'Evolution et un Sys'Nav allumés pour enregistrer en double la trace... Et un deuxième Sys'Nav si besoin.
Live tracking avec l'application Syride sur le smartphone (relié à une batterie auxiliaire de 15 000 mAh).
Les instruments ont été allumés en continu de 7h à 20h.
La batterie du Sys'Evolution indiquait 40% de charge à la fin de la journée. Pour le premier Sys'Nav, j'avais oublié de désactiver le rétroéclairage. Il s'est éteint vers 18h. Le deuxième Sys'Nav a donc servi à ce moment là.
Malgré toute cette électronique, je ne peux me résoudre à partir sans carte papier. Je veux être capable de naviguer sans instrument. J'avais donc des extraits de la carte aéronautique au 1/500 000.
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Franck


le 29.09.18 22:36

Enorme !

Bravo Franck.
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Julien


le 30.09.18 23:42

Merci Franck pour toutes ces explications, toujours utiles.
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tremoulet


le 02.10.18 21:07

Lever et coucher du soleil
Après mon vol de l'an dernier (#1684 du 4 octobre 2017 et 537 km homologués), j'étais persuadé que parcourir 600 km était possible.
La formule était simple : 12  heures de vol à 50 km/h >> 600 km.
Il ne fallait pas tarder à le réaliser sous peine d'attendre le printemps suivant.
En jaune, mes heures de départ et d'arrivée. J'ai bien optimisé la journée...
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Franck


le 02.10.18 21:14

Tableau de marche
Un vol de cette distance ne s'improvise pas. La préparation a été minutieuse.
Voici le tableau de marche avec les informations sur le kilométrage et les points GPS du parcours.
En jaune, mes heures réelles de passage à comparer aux heures prévues. Je suis moi-même étonné de la précision !
La préparation est partie intégrante du vol. Elle n'empêche pas l'imprévu, mais elle permet de mieux s'y adapter.
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Franck


le 09.10.18 7:41

Ravitaillement
Je voulais garder une certaine simplicité (rapidité et mobilité) et ne pas m'encombrer de réservoir additionnel.
Réservoir unique de 17L. Au final, avec une consommation de 5L/h, un réservoir de 13L aurait suffit. Avec une vitesse moyenne de plus de 55 km/h, je ne vole pas dans une configuration pour consommer le minimum. Je considère que pour aller loin, il faut aller vite.
Le parcours a donc été défini en fonction de l'accessibilité à des stations services. Repérage sur Google Maps et Street View.
Ses posés intermédiaires ont été les moments les plus excitants de cette journée. Même avec un bon repérage, il y a toujours une part d'inconnue. Il fallait prendre la meilleure décision en quelques secondes.
Trace d'arrivée en rouge, trace de départ en mauve. Avant de me poser, je fais deux tours complets à basse hauteur pour estimer la direction du vent, puis je me pose.
A chaque posé, je prends le temps de manger et de boire, de me remémorer la prochaine étape avec les points marquants... Tout en étant rapide, car je sais qu'à la fin de la journée, la réussite se jouera à quelques minutes !
Je décroche la voile, puis trottine à la station avec le moteur sur le dos.

Ravitaillement 1
Distance 370 m - Pause 26 minutes
Le champs le plus proche était en culture. Une parcelle dégagée bien orientée par rapport au vent me permet de redécoller plus proche de la station.


Ravitaillement 2
Distance 60 m - Pause 27 minutes
Sur les photographies qui ont servi au repérage et qui datent de 2013, le supermarché et la station service n'étaient pas encore construits.


Ravitaillement 3
Distance 290 m - Pause 28 minutes
J'exclue immédiatement le stade de football, car il y a des joueurs sur le terrain. C'est dégagé plus à l'ouest, mais marche plus longue que de se poser dans le pré (les vaches n'y sont pas).


Ravitaillement 4
Distance 160 m - Pause 18 minutes
Le champ le plus proche a été labouré, profondes ornières. J'aurais pu atterrir plus proche d'une station à un supermarché, mais plus compliqué pour redécoller.
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Franck


le 12.10.18 10:14

Vitesse et altitude
Graphiques de la vitesse et de l'altitude en fonction du temps (plutôt que la distance, car cela permet de visualiser la durée des pauses). En rouge, l'altitude, en bleu, la vitesse.





1. Je ne monte pas trop haut pour rester sous la couche d’inversion et profiter d’un vent plutôt favorable. Au passage au Sud de la Seine, je ne profite plus de cet effet, ma vitesse sol diminue.
2. Je monte un peu plus sur cette branche, car le vent est davantage orienté Est et donc favorable à partir de 300 m sol. J’explore la masse d’air en surveillant ma vitesse sol. On voit que vers 3:00, en montant un peu plus, je ralenti. Je redescends donc. Vers 4:10, changement de cap.
3. Les prévisions indiquaient du vent de Sud à partir de 800 m d’altitude. Je monte progressivement et rencontre effectivement des courants très favorables.
4. Avant 7:00, je redescends un peu pour passer sous la TMA de Beauvais.
5. La partie face au vent. J’explore la masse d’air, mais ne trouve pas de différence flagrante de vitesse en fonction de mon altitude. La masse d'air est plutôt uniforme. J’avance en patientant.
6. Plus le parcours s’incurve vers le Sud, plus le vent est favorable. Le pic avant de me poser correspond au moment où j’aperçois mon père qui m’a rejoint en vol.


Dernière édition par Franck le 12.10.18 12:13, édité 2 fois
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Franck


le 12.10.18 10:47

Conclusion

  • Si l'on regarde les étapes individuellement, elles n'ont rien de spectaculaires. Les enchaîner lors d'une même journée est une autre histoire ! Je pensais que ce serait bien plus dur physiquement. Mais les pauses ont joué leur rôle réparateur. Et quand je ne suis pas dans les airs, je suis un adapte de la course à pied. Meilleure est la condition physique, mieux on peut rester concentrer sur de longues périodes.



  • Les conditions du jour ont été parfaites. J'ai été surpris de la grande stabilité de cette journée de septembre pourtant largement ensoleillée.

  • Avant le départ, ma principale interrogation était... l'habillement. Je me suis chaudement vêtu pour passer toute la journée en l'air. Sur la première section, alors que je rencontrais plus de vent défavorable que prévu, je me suis interrogé sur la réussite de l'entreprise. Positif, je me suis dit que si j'échouais, ce serait juste pour quelques kilomètres, obligé de me poser à cause de la nuit aéronautique. Et j'étais si bien habillé que j'aurais pu passer la nuit dehors enroulé dans mon aile...

  • Pour ceux qui ne me connaisse pas, en 2012, je faisais déjà ce type de vol :
    https://paramotors.xcontest.org/2012/world/en/flights/detail:simfak/5.9.2012/10:08

  • Les clés de la réussite : préparation et patience.

  • Oui, il est possible d'aller encore plus loin. Mais pour ces vols ambitieux, les journées dans l'année où ils sont réalisables sont peu nombreuses.
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Franck


le 12.10.18 20:33

king
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